Fredogus
Il aura donc fallu un licenciement économique pour je me décide à créer mon propre blog… Dijonnais d'adoption depuis bientôt cinq ans, force est de constater que mon parcours constitue un défi aux lois de l'orientation. A peine mes études d'histoire entamées à l'université de Lille, j'ai rapidement pris conscience que ce ne serait pas uniquement dans les amphis que se jouerait mon avenir. Sans m'en rendre compte, j'ai vécu, d'abord en tant que guide puis de responsable du service visites guidées la professionnalisation de l'office de tourisme de Cambrai, la ville où les bêtises sont forcément pardonnées. Créateur avec un ami de lycée des Journées des espaces souterrains, j'ai eu l'insigne honneur de tester la concurrence avec les emplois-jeunes à la fin du siècle dernier. Cela fait drôle quand on vous dit à 27-28 ans que vous êtes trop âgé pour espérer décrocher cet emploi d'animateur touristique… J'ai choisi alors, un peu à la manière d'un stratège militaire face à une ville imprenable (mais nous savons tous qu'aucune n'est inexpugnable) de prendre des chemins détournés : chantiers de fouilles archéologiques en tant que bénévole, chantiers Rempart d'abord en tant que bénévole puis d'animateur, je me suis souvenu que quelques années auparavant au détour d'un chemin et au hasard d'un vagabondage dans la campagne artésienne à l'occasion des Journées du patrimoine, la tour de Bours m'avait séduit par ces volumes équilibrés, l'austérité de ces matériaux et la finesse de ces tourelles donnant légéreté et élégance à ce puissant massif quadrangulaire. Un mémoire de maîtrise concrétisera cette relation étroite, intime qui devait durer plus de deux ans. Mais que faire avec une licence d'histoire, une maîtrise en histoire de l'art, un examen de guide-conférencier et une formation de responsable d'équipement touristique ? La question mérite d'être posée… Au jeu du hasard des rencontres, la réponse sera pour moi journaliste-secrétaire rédaction. Encore par un chemin détourné : d'abord dans une petite structure picarde éditant des magazines sur l'aquariophilie (en l'espèce je m'étais jeter à l'eau ou dans le bocal, mon expérience dans le domaine se limitant à une courte relation avec un poisson rouge vers l'âge de six ans…) puis en Bourgogne pour enfin mettre à profit sur le papier mes compétences… Tout cela pour dire qu'avec beaucoup de curiosité, la volonté de ne jamais se reposer sur ses acquis, la vie n'est pas forcément un long fleuve tranquille. Récemment, en août plus précisément, j'ai connu un heureux événement, un début d'aboutissement : la publication d'un ouvrage de 240 pages consacré au patrimoine militaire que nous a légué Vauban. Des plaines de Flandre, aux éperons vertigineux des Alpes en passant par les sites côtiers des ports de l'Atlantique, c'est à un voyage dépaysant, jalonné de puissantes étoiles de pierre dont la dimension esthétique est révélée par la photo aérienne et constellant les frontières du royaume du Roi-Soleil, que nous convie cet ouvrage. Puisque la brèche est faite, un second titre devrait suivre au printemps 2008 sur un chantier bourguignon complètement atypique et à contre-courant de la morosité ambiante… J'ai peut-être trouvé ma voie.



