23.11.2007

Ne pas perdre le Nord

 

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Nord et Pas-de-Calais… Difficile de prétendre le contraire, lors du baptême de nos départements, il semble que le romantisme ait cédé la place à une rigueur administrative sans appel une fois atteintes les terres les plus septentrionales. Alors que d'autres se parent de couleurs chatoyantes (Côte-d'Or), qu'une multitude rendent hommage au fleuve ou à la rivière les irriguant, Boulonnais, Artois, Pévèle, Hainaut ou encore Cambrésis ont dû se contenter du service minimum. A tel enseigne qu'à deux siècles de distance, régulièrement resurgit l'idée de procéder à un nouveau baptême… Il n'est pas jusqu'à Jean-Louis Borloo, alors maire d'un Valenciennes s'extirpant du traumatisme d'un brutal déclin industriel, à avoir suggéré de scinder l'actuel département du Nord en deux parties : à Lille la préfecture des Flandres, Valenciennes obtenant celle des Hauts de France… Manière de renouer les liens avec l'histoire, de redorer son blason par les mots, l'idée fit long feu, recevant une fin de non-recevoir, là encore toute administrative : trop compliqué à mettre en œuvre et surtout trop cher… Erroné de penser toutefois que ce complexe serait le seul apanage du pays des géants et des beffrois… Volonté de la rendre plus facilement localisable, appellation "plus touristique" (et donc plus commerciale…), les édiles de la Saône-et-Loire voulaient, il ya de cela à peine cinq ans, en faire une Bourgogne du Sud… La proposition prit des dimensions de crise politique locale, anima les débats, échauffa les esprits… fit vendre du papier. Fort de ces constats, n'était-il pas alors irrémédiablement saugrenu, suicidaire peut-être, de vouloir créer un magazine intitulé… Pays du Nord dont l'ambition a été dès ses origines de défendre f!èrement les couleurs de ses régions… Justement, la première originalité, et peut-être l'une des clés de la pérennité, a justement été de s'affranchir du carcan des régions administratives afin de se donner pour terrain d'investigation un vaste espace culturel façonné avec patience par les siècles. En 1994, combien auraient parié sur les chances de réussite d'un bimestriel parlant de tourisme, de patrimoine et d'art de vivre dans u vaste territoire réunissant Nord-Pas de Calais, Picardie et Belgique ? Pourtant, le succès se révèle quasi immédiat avec une moyenne de 20 000 exemplaires vendus en kiosques dès sa première année d’existence et rapidement Pays du Nord est devenu un acteur phare de la vie touristique, une référence comme en témoigne sa présence massive dans les bibliothèques de la région et chez les professionnels du tourisme. Magazine de cartes postales, de belles images idéalisantes parfois ? Et bien oui ! Sans agressivité nombriliste, ni œillères sur un passé parfois difficile, mais dans une optique de valorisation, et cela peut représenter une révélation pour certains, d'un patrimoine riche et varié.
Outil de découverte sans cesse renouvelée pour ses habitants, lien affectif pour les nombreux "expatriés", Pays du Nord offre aux Chtis, aux Picards et aux Belges qui ont quitté leur terre d'origine, la possibilité de garder un ancrage dans leur région, d'en suivre les évolutions, d'en découvrir les nombreux acteurs. Et contrairement aux idées reçues, les idées de sujets ne manquent pas : l'architecture balnéaire, les estaminets, les moulins, les châteaux médiévaux (eh oui, il y en a aussi dans le Nord !), classiques ou des capitaines d'industrie, les carnavals, les confréries de bouche, les cathédrales, les beffrois... le littoral, les monts, les forêts, les rivières, les parcs naturels régionaux, les jardins, la faune et la flore… l'aïl d'Arleux, le foie gras, le hareng, l'escavèche, le maroilles, la ficelle picarde… Un plaisir sans cesse renouvelé pour celui qui connaissait, une découverte enthousiasmante et déroutante pour les autres.

Reste qu'en l'espace d'une décennie, le contexte médiatique général a connu une véritable révolution et que pour être éditeur il faut plus que jamais avoir la foi… Car dans le monde de la presse dite de territoire, ils sont nombreux à avoir eu une existence plus ou moins éphémère et cahotique. En Lorraine, Champagne-Ardennes Magazine, Territoires de France, Bourgogne Magazine tout récemment, ont cessé de paraître. Car si ce type de presse connaît ses adeptes, elle souffre aussi d'une méconnaissance de son fonctionnement, bien des personnes étant convaincu que ces publications émanent d'une collectivité (Région, Département…)… Alors que bien au contraire, elles sont généralement produites par des entreprises de taille réduite pour lesquelles chaque nouveau numéro constitue un défi à relever en terme de renouvellement des dossiers, d'équilibre éditorial et surtout de diffusion… Sans oublier ce fameux droit à l'iimage… Ainsi dans sa livraison de septembre-octobre, Claire Decraene, rédactrice en chef de Pays du Nord, évoquait la menace faite par le groupe Eiffage au magazine Aveyron Magazine pour "usage non autorisée" de l'image du viaduc de Millau de faire retirer de la vente tous ses magazines… alors que dans le même temps c'est l'Etat (!), au titre de propriétaire, qui se manifestait auprès de la même rédaction afin de monnayer le droit de photographier l'intérieur de certaines cathédrales… Il est en donc ainsi dans la presse comme ailleurs, rien n'est éternel et c'est la disparition qui crée le plus grand manque… Là où dans d'autres régions la question se pose constamment de la pertinence du découpage de nos régions (La Nièvre est-elle bourguignonne ?) la longévité de Pays du Nord tient également, selon moi, à quelques notions impalpables, l'attachement, l'acceptation commune d'un ensemble de codes, de pratiques actuelles ou disparues, le sentiment diffus d'un destin matériel et immatérelle pleinement assumé et partagé… Et puis, autant le reconnaître, au fil deshors-séries thématiques et d'un rendez-vous bimestriel, cette lecture régulière soigne le mal du pays et offre dans le même temps, moults arguments de poids, textes et photos à l'appui, pour répandre la bonne parole et faire pour changer d'avis sur le "Grand Nord"…

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17.11.2007

Festival de Montier-en-Der

 

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Alors que se déroule cette année sa 11ème édition (du 16 au 18 novembre), le festival de Montier-en-Der dans l'Aube constitue pour les amateurs de photo animalière, et au-delà pour les amoureux et défenseurs de la nature, un rendez-vous absolument incontournable… Durant trois jours, expositions, concours internationaux, conférences, présence de nombreux éditeurs et magazines spécialisés, les animations s'enchaînent à un rythme soutenu. Sans oublier, alors que le lac de Der tout proche s'anime du ballet de milliers de grues cendrées en migration, la possibilité de tester les tout derniers reflex (et en cette fin d'année 2007 les nouveautés sont nombreuses) ou encore les objectifs de course qu'utilisent les professionnels. On ne peut en effet que s'extasier devant certains instants miraculeux saisis par l'œil du photographe… Surtout, ce sont les coulisses de ses réussites qui impressionnent. Car la photo animalière est sans aucun doute aux antipodes de la photo kleenex pratiqué par le commun des mortels. Affûts flottants, repérage durant des semaines, connaissance du milieu et du comportement animal, il faut pour réussir, ne serait-ce qu'une photo animalière correcte, déployer des trésors de patience et d'ingéniosité, forcer le hasard également. Surtout, une fois parfaitement installé, l'œil rivé dans le viseur, on comprend vite que la partie est loin d'être gagnée… J'en ai moi-même fait l'expérience à deux reprises : d'abord à l'automne 2006 à l'occasion d'une sortie en canoë-kayak en baie de Somme à la rencontre des phoques (la rencontre a bien eu lieu mais j'avais omis de me munir d'un téléobjectif suffisamment puissant…) puis en avril dernier lors du Festival de l'oiseau de la baie de Somme. De ma participation à l'un des stages photo organisés (se déroulant sur deux jours), j'ai retenu l'extrême difficulté à réaliser ce type d'images… Et encore, estimons-nous heureux puisque le numérique nous autorise à déclencher sans arrière-pensées avant d'effectuer un tri draconien… d'autant qu'avec l'équivalent d'un 280 mm, j'étais un peu court en focale (prévoir si possible un 400-500 mm…)… Lumière bouchée, axe de l'horizon penchant dangereusement, flou de mise au point, je n'ai guère conservé qu'une dizaine de photos sur les 250 réalisées… Sans compter les oiseaux (canards, avocettes, grèbes…) tout simplement hors du cadre ! Autant avouer qu'obtenir une photo équilibrée suscite une réelle satisfaction. Patience, discrétion, observation, la photo animalière constitue une école d'humilité hors pair… A ce titre, s'extasier sur le vol majestueux d'une chouette harfeng ou simplement sur une mésange fréquentant le fond de votre jardin n'a rien de candide. C'est une leçon de vie, un plaisir simple… Et franchement, il est bien plus agréable de fixer un animal à travers le collimateur d'un appareil photo qu'au centre du viseur d'une arme à feu…

11.11.2007

Patrimoine en crise, patrimoine en devenir

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Tel est le thème retenu par le dynamique Centre international d'études des patrimoines culturels du Charolais-Brionnais (www.cep.charolais-brionnais.net) à l'occasion des Journées d'études de Saint-Christophe-en-Brionnais organisées les 24 et 25 novembre prochains. Durant deux jours, conférences et visites commentées sur le terrain tenteront de mesurer les difficultés de la conservation du patrimoine et de réfléchir à ses enjeux futurs. Car il ne faut pas nous leurrer, le patrimoine bâti ne constitue pas, hormis peut-être à l'occasion des Journées du patrimoine ?, aujourd'hui un enjeu de société. Pour cela, il faudrait comme me l'a glissé à l'oreille un technicien de la Drac Bourgogne que le patrimoine puisse défiler dans les rues, exercer pression sur nos édiles et le grand public… En l'espèce, on peut considérer que le château de Versailles et les cathédrales gothiques, tel l'arbre cachant la forêt, cachent un immmense et humble monde de pierres, jalonnant discrètement, incarnant également, si je puis dire, l'identité de chacun de nos "pays". Un monde d'autant plus en souffrance qu'il éprouve de plus en plus de difficultés à légitimer son existence. Sans doute pouvons-nous incriminer un système éducatif où l'histoirte de l'art n'a guère sa place. Avec pour conséquence directe, des jugements à l'emporte-pièce "Le pognon qu'on met pour ces tas de cailloux c'est une honte" ou des horreurs lues régulièrement dans la presse (La Gazette de Côte-d'Or pour la citer, j'y reviendrai dans une prochaine note…) où dans un éditorial récent le rédacteur en chef, sans doute épris de modernisme, nous explique assez maladroitement que le patrimoine c'est bien gentil mais quand ça gêne il faut savoir détruire (référence était faite à la destruction du château de Dijon à la fin du XIXe siècle dont les vestiges avaient d'ailleurs été classés avant de perdre cette protection pour "permettre" une disparition définitive de cet empêcheur de bâtir en béton). En somme, faut-il voir dans les "défenseurs du patrimoine" de dangereux romantiques freinant "l'indispensable progrès" ? Sûrement pas… Car assurément la valeur ajoutée patrimoniale, pour employer des terminologies contemporaines, relève plus du subjectif que de l'objectif. A près de deux décennies de distance, je garde parfaitement en mémoire ce souvenir d'une visite guidée que j'encadrai absolument mémorable… Alors guide-conférenceir pour la ville de Cambrai, je recevai ce matin-là des retraités CGT d'une entreprise sidérurgique régionale… Les propos de mes "auditeurs" relevaient d'ue rhétorique totalement inédite pour moi… "Y a des rupins ichi, ça sent l'oseille" "Y' a des fleurs partout, ch'maire y n'a des moyens…" Tout cela tenait de l'anecdote bon enfant jusquà l'heure de se dire au revoir… L'œil sombre, la mine figée par la solennité de l'instant, la sanction fut prononcée en quelques mots, sonnant telle une excommunication ou une condamnation définitive comme à la grande époque des purges staliniennes. "C'est une honte, durant deux heures, vous n'avez pas cessé de salir la Révolution (française tout de même) avec vos propos complaisants sur les curés… Nous allons écrire au maire !" Le verdict, sans appel, me laissa songeur… Mais par quel stratagème malicieux avais-je pu déclencher un tel courroux de la part de cet individu à l'esprit manifestement fort ouvert ? Mon seul tort aura été de rappeler que depuis la Révolution de 1789 le visage de Cambrai, son parcellaire, a irrémédiablement et avec force été modifié… Eglises et chapelles ont été abattues sans vergogne, au nom certes de principes peut-être louables, cachant malheureusement des intérêts bassement mercantiles. Qu'il faille regretter la disparition intégrale de la cathédrale gothique de cette cité du Nord, cela ne relève pas d'un sentiment contre-révolutionnaire exacerbé… seulement d'un regret sur le plan architectural d'autant que celle qui était surnommée par les voyageurs Merveille des Flandres mis un demi-siècle a agonisé, convertie qu'elle fut par quelques "entrepreneurs éclairés" en une carrière de pierres ô combien rentable… En m'exprimant ainsi, je m'étais donc fait le suppôt des oppresseurs… Preuve de nouveau apportée qu'en matière patrimoniale, rien n'est jamais acquis, qu'il nous faut battre la campagne, toujours sensibiliser. A travers le prisme des interventions d'Anelise Nicolier (Restaurer le patrimoine roman en Brionnais : l'exemple des deux églises de Semur-en-Brionnais), de Luc Jolivel (Le prieré clunisien de La Charité-sur-Loire, le devenir d'un monument au cœur de la Cité), de Pierre Durix (Les fortifications des Alpes : abandons et reprises), également des visites sur le terrain programmées le dimanche en matinée, il s'agira bien dans un contexte de mutations du monde rural profondes combinées à de tout aussi inquiétantes restrictions budgétaires, d'analyser à la lumière des expériences de chacun une situation préoccupante. Quand les fidèles cessent de fréquenter certaines églises rurales (mon pourfendeur de la superstition me pardonnera, s'il vient à lire cette note, dans son infime bonté, cette nouvelle référence au religieux…), celles-ci perdent leur fonction cultuelle, leur raison d'être, la question de leur conservation (pourquoi ? comment ?) se posant rapidement. Il en va de même de l'immense variété des constructions rurales, reflets de pratiques disparues, expressions émouvantes et fondamentales de nos multiples terroirs, indaptées aux exigences modernes de production… Il sera donc rassurant de constater lors de ces deux journées que des solutions existent, peuvent être mises en œuvre, enthousiasme et inventivité pouvant venir pallier au désengagement de certains… Volonté indéfectible et capacité de persuasion sont assurément plus que jamais les meilleurs armes pour défendre et valoriser notre patrimoine commun…  
 
 
 
 
 
 

06.11.2007

Photographes de tous les pays…

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Un raz de marée technologique… Que dis-je, une révolution dont personne n'avait perçu ni prédit, mais n'est-ce pas d'ailleurs le propre de toute révolution qu'elle soit culturelle, politique ou technique, la fulgurance et l'ampleur. En l'espace de seulement quelques années, la photographie d'argentique est devenue numérique. Ou quasiment, donnant aux zélateurs de la pellicule la dimension de doux nostalgiques d'une époque définitivement révolue… Le phénomène rappelle étrangement l'émergence du CD au début des années 80. Là aussi les arguments en faveur de la galette irisée étaient, sauf à vouloir jouer les éternels grincheux, irréfutables, implacables. Or, un quart de siècle plus tard, le vynil n'est pas mort, mieux le marché de la platine haut de gamme se porte à merveille… Pure folie, snobisme ? Nullement. Car le marketing a eu beau faire son travail de sape, tenter de nous prouver slogans percutants à l'appui que l'avenir avec le CD serait radieux, il faut se rendre à l'évidence : Cd et disque vynil sont suffisamment différents pour avoir leurs qualités et défauts propres et donc leurs partisans respectifs. L'affrontement a cédé la place à la cohabitation. Pour l'heure, nul ne peut raisonnablement prédire si l'histoire va se répéter. Car, ce n'est pas tant le changement qui fait des ravages que sa brutalité. Et dans l'industrie de la photo, les dégâts ont été spectaculaires… Contax, Minolta (l'inventeur de l'autofocus…) ont jeté l'éponge, Kodak lui-même souffre. il n'est pas jusque Leica, icône s'il en est du monde de la photo, qui a failli disparaître. Mais au-delà de ces conjectures, la question fondamentale est sans doute ailleurs… La révolution numérique a-t-elle su ne pas trahir ses idéaux (cas peu fréquent…) et rime-t-elle vraiment avec progrès. Une chose est sûre la course technologique exacerbée aux pixels (Qui oserait sérieusement avouer aujourd'hui qu'il ose travailler avec un reflex numérique de "seulement" 6 millions de pixels !) a fait passer le monde de la photo de la mécanique à l'électronique, obsolence quasi instantanée assurée… Et perte de repères… J'ai encore à l'esprit le regard affligé et incrédule d'un passant qui me demandant l'heure, s'exclama soudainement : "Mais votre Canon (un reflex eos 5d) ne donne pas l'heure !" Je suis resté bouche bée… On en oublierait presque que pour l'heure il reste derrière l'objectif un être humain (A quand un assistant pour nous indiquer le meilleur angle ?). A bien y regarder, les valeurs véhiculées ressemblent étrangement à celles martelées à tout bout de champ par une société de consommation qui ne nous veut par essence que du bien… Facilité d'utilisation, flexibilité, partage des images, assistance électronique, droit à l'erreur… qui peut rapidement rimer avec droit à l'horreur. Sans avoir la prétention de me proclamer photographe, d'autant plus que je me livre à cette activité assidûment depuis seulement 5 ans… et avec un appareil numérique, je ne cesse d'être stupéfait en observant le comportement du photographe numérique lambda… Déclenchant à tout-va, martelant à vive voix que de toute façon l'ordinateur fera le reste, c'est l'appareil tendu deux mètres au-dessus de la tête qu'il déclenche frénétiquement… Hasard et chance nécessaires pour espérer un résultat correct… Avec pour conséquence directe, le risque, en agissant ainsi sans discernement ni démarche réfléchie, d'une accumulation rapide d'images sur le disque dur de l'ordinateur sitôt faites, sitôt oubliées… En réalité, le numérique en voulant nous faciliter la vie, nous fait perdre le goût de l'effort, de la réflexion, de l'observation, ce temps qui constituera la valeur ajoutée différenciant une image fade et insipide hormis pour celui l'ayant prise (?) et une photo équilibrée, véhiculant sentiments et déclenchant impressions. A quoi bon peaufiner cadrage et exposition alors que le post-traitement est censé rattraper nos erreurs… ou notre paresse. A se demander si une fois de plus, on ne nous aurait pas menti… Sans doute pas car après tout, l'échec des révolutions, l'oubli et la trahison des idéaux, ne sont-ils pas simplement la conséquence des faiblesses humaines ? D'une certaine manière, pour être pleinement apprécié, le numérique mérite d'être consommé avec modération… Encore une fois, au-delà de l'outil, c'est bien la manière de l'utiliser qui permet d'en tirer le meilleur parti et de lui donner sens… Pour ce qui me concerne, cela m'autorise parfois certaines fantaisies, une cathédrale de Laon troublante, que je n'aurai sans doute pas oser fixer sur la pellicule… tandis que d'autres continuent de vivre intensément dans l'obscurité d'une petite pièce la magie révélant la beauté et l'intemporalité d'un cliché dont l'argentique est seul à pouvoir restituer textures, grains et cette profondeur des contrastes tendant à l'onirisme…
 
 
 

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