19.05.2008

A Gombervaux, le Moyen Age fait recette…

1893623127.jpg
Deux troupes de reconstitution réputées pour leur exigence d'authenticité, un site castral solitaire opportunément campé au creux d'un vallon verdoyant, de longs mois d'intense préparation,  la fête médiévale de Gombervaux s'annonçait ce 11 mai sous les meilleurs auspices… D'autant que les dieux manifestement séduits par les lieux mirent beaucoup de bonne volonté pour que la réussite soit au rendez-vous… En effet, c'est sous un soleil vigoureux, un ciel uniformément bleu que la forteresse de Gombervaux revint à la vie durant quelques heures. Au moment de faire les comptes, Benoît Thouvenin, cheville ouvrière de la manifestation, ne cachait pas sa satisfaction. "Le public a répondu présent. Alors que nous aurions pu craindre une érosion de la fréquentation par rapport à la première édition en 2007, il n'en a rien été." Au fil de la journée, ce sont ainsi plus de 700 personnes qui se laissèrent transporter par la machine à remonter le temps. Pour plus précisément s'arrêter dans la seconde moitié du XVe siècle, moment crucial où les diaboliques bouches à feu poussèrent inexorablement le château à une retraite anticipée, devenu qu'il était impuissant à résister aux coups de butoir cruels du boulet métallique. Gombervaux résonna du tintamarre des pièces d'artillerie et des éclats de rire d'un public conquis… Beaucoup de locaux mais également des visiteurs n'ayant pas hésité à effectuer plusieurs dizaines de kilomètres donnèrent raison aux organisateurs… Reste à ne pas céder à la facilité pour les années à venir… "Il faudra, poursuit Benoît Thouvenin, renouveler largement les animations afin de maintenir l'intérêt. Aborder une autre thémathique, pourquoi pas après celle de la guerre, la musique et la dimension festive du Moyen Age." On l'aura compris, après des décennies d'assoupissement, le château de Gombervaux devrait connaître d'autres renaissances…
 
1473328287.jpg
 
63615289.jpg
 

25.04.2008

Revivre le Moyen Age en Meuse

 

1787518105.jpg

Il en va ainsi des fêtes médiévales comme de tant d'autres choses… Indispensable pour caresser l'espoir d'en tirer une quelconque satisfaction de savoir y trier le bon grain de l'ivraie. Garder son esprit critique et ne pas se contenter de consommer benoîtement comme notre société de consommation nous y incite à chaque instant… Il faut dire que le genre a connu, effet boomerang sans doute en partie du succès d'un film que nous qualifierons de divertissement, depuis une décennie un succès foudroyant… Les dites fêtes se multipliant moultement comme par malice. Evidemment, opportunisme et mimétisme aidant, la célébration d'un Moyen Age festif devint dans le calendrier des fêtes communales un passage obligé… A telle enseigne que le pire côtoya rapidement… plus souvent qu'à son habitude, le meilleur. S'appuyant sur un succès quasi acquis, le "souci de la cohérence" laissa souvent la place à la perspective d'une réussite (et donc de monnaies sonnantes et trébuchantes) facilement obtenue. Heureusement, la sélection naturelle opéra et les chevaliers de pacotille, hommes d'armes ridicules tout de plastique armés et tournois navrants dans une lice improvisée entre deux boulevards macadamisés disparurent comme ils étaient apparus… Vous l'aurez compris le genre de la fête médiévale ne peut être assimilé à une piètre et désinvolte farce… Dans un paysage assaini, celle de Gombervaux (Meuse) mérite d'être signalée… Tout d'abord parce qu'elle fournit le prétexte idéal afin de découvrir un remarquable exemple de maison forte lorraine de la seconde moitié du XIVe siècle. A l'instar de tant d'autres forteresses, Gombervaux ne nous est pas parvenue intacte mais conserve un intérêt, un charme, indéniables. En particulier son front d'entrée ponctué d'une impressionnante tour-porte à l'évidente ostentation, encore fièrement dressé et se miroitant avec narcissisme dans d'indispensables douves, marque les esprits… L'ensemble bénéficie depuis plusieurs années d'un regain d'intérêt dont courtines et tours ont dû s'étonner les premières. Chaque été, avec persévérance et constance, les chantiers de bénévoles se succèdent… Des pans d'histoire se dévoilent, l'édifice retrouve raison d'être. Quoi de mieux alors que de partager avec le public cet enthousiasme ? C'est ainsi qu'est née l'idée d'organiser une grande manifestation sur les lieux. A l'écart du tumulte du XXIe siècle, blotti au creux d'un vallon, l'endroit s'y prête sans risque d'anachronisme. L'an dernier, la première édition fut avec plus de mille assaillants pacifiques un succès au-delà des espérances d'organisateurs enthousiastes… Il faut dire que l'un d'eux, Benoît Thouvenin, à l'initiative de la chose, devait prendre l'idée très au sérieux. Animateur de chantiers Rempart depuis le début des années 2000, il est un passionné désintéressé… espèce en voie de disparition. C'est à Châtel-sur-Moselle durant l'été 2001 que nous nous sommes rencontrés. A l'époque, c'est moi qui encadrait le chantier… Le personnage retint quasi immédiatement mon attention… Sa conférence improvisée sur les armes de jet médiévales, maquettes de couillards et autres mangonneaux à l'appui, devait cesser de me convaincre. Depuis, il y a de régulières retrouvailles le temps d'ue journée ou d'un week-end lorsque comme deux gamins nous partons l'esprit libre à l'assaut de pans de murs oubliés en Bourbonnais, Alsace ou Berry… Les prochaines auront donc lieu le 11 mai à Gombervaux. Troupes de reconstitution triées sur le volet, exposition d'armes qu'il fabrique lui-même pour certaines, maniement d'armes d'hast, tirs à blanc de veuglaire, hacquebute à croc, trait à poudre et arcquebuse, la magie opérera forcément… Surtout que pour Benoît la passion se doit d'être contagieuse… Avec entrain et pédagogie, il n'aura de cesse de présenter la vie de l'homme d'arme de la fin du Moyen Age. Dans le tintamarre de l'assaut donné au château par quelques preux soldats, le cliquetis des épées s'entrechoquant, la machine à remonter le temps fera le reste… Evidemment, c'est un Moyen Age un  peu idéalisé, celui de notre imagination, des valeurs chevaleresques, du courage et de l'honneur, qui renaîtra. Mais le rêve n'est-il pas le meilleur des antidotes ?

Renseignements : 03.29.89.20.20. www.gombervaux.com 

14.04.2008

Un magazine dédié au patrimoine et à la culture corse

 
255611259.jpg
Une fois n'est pas coutume, c'est sans crainte que j'accepte de m'éloigner quelques instants de mon Nord natal, pour larguer les amarres et gagner la Corse. De quoi nous dépayser et réussir à s'extraire de la grisaille persistante de ces derniers jours… Décidément, les éléments nous jouent de drôles de facéties… A la même période, un an en arrière, le thermomètre s'affolait littéralement. De mon séjour en baie de Somme à l'occasion du Festival de l'oiseau, je suis revenu en Bourgogne avec de surprenants coups de soleil. Les balades et randonnées, découverte de la flore et de la faune de la baie d'Authie, des falaises de Mers-les-Bains, sortie nocturne à l'écoute des rapaces, se déroulèrent sous un soleil radieux et des températures plus que printanières… Des lumières irisées baignant la baie, des dégradés de palettes colorées toujours renouvelées, le spectacle fut souvent magique… Chaque soir, comme un pélerinage assidu pour honorer les dieux de la Création, j'effectuai dans un silence quasi religieux la montée vers ce promontoire d'où l'immensité de la baie de Somme se livre totalement… Echo de quelques oiseaux dans cette immensité paisible, sublimes coloris, instants inoubliables d'un plaisir solitaire… La rédaction de Stantari, trimestriel consacré à l'histoire naturelle et culturelle de la Corse dont la douzième livraison datée février-avril 2008 est actuellement en kiosque, a elle pour vocation de partager et de mieux faire connaître la diversité du patrimoine et des traditions corses. Et la chose est pour le moins prise au sérieux car depuis cinq ans la protection, l'étude, la valorisation également du patrimoine culturel corse, ont été confiées à la responsabilité de la Collectivité territoirale corse suite aux transferts par l'Etat à cette dernière de la quasi-totalité de ses compétences en matière patrimoniale. Un patrimoine d'une grande richesse, permettant de parcourir des millénaires d'activités humaines : sites préhistoriques et antiques, humbles chapelles romanes et exubérantes églises baroques, ponts génois, fortifications, chapelles à fresques…
Preuve de la volonté d'agir avec réflexion et sans précipitation, Les Rencontres du patrimoine organisées en mai 2007 ont permis d'établir un premier bilan des actions entreprises, tout en, ce qui est fondamental, expliquant à la population les enjeux liés au patrimoine. On trouvera donc dans ce numéro de Stantari d'intéressantes communications balayant les divers champs relevant de la "chose monumentale". Parmi les articles qui ont plus particulièrement retenu notre attention, on citera la contribution de Nadine Favergeon, responsable du secteur Objets mobiliers au sein du service conservation-restauration de la Direction du patrimoine-Collectivité territoriale de Corse, expliquant les raisons de la création d'un centre de conservation dédié au patrimoine mobilier. Egalement, le dossier consacré au patrimoine fortifié  de l'île, ensembles souvent spectaculaires car occupant des sites grandioses (Bonifacio, Calvi, Saint-Florent…) n'ayant curieusement que récemment fait l'objet d'études scientifiques… Maquette agréable, iconographie de qualité (ce qui est loin d'être toujours le cas dans les revues spécialisées sur l'histoire et l'archéologie…), propos précis et clairs, Stantari s'adresse tout autant à l'autochtone désireux de mieux connaître ses racines qu'à l'amateur du continent trouvant au fil des pages l'opportunité de mieux appréhender les richesses de l'île de Beauté… 
Stantari, BP 64, 20538 Porto-Vecchio cedex. Site : www.stantari.net